J'aimerais être dans un grand club...
Suer pour mes leaders...
Mais je n'ai jamais su me motiver seul,
j'ai le besoin qu'on m'lance des fleurs.
Assoifé de compétition je doit pourtant y renoncer...
Parce que 5 euros l'inscription ça fait chér pour être laché.
Alors mon rêve de lever les bras sur la ligne,
ou de suer vent de face pour un coéquipier,
s'envole au profit de sorties "cyclo-sportives",
de petites cotes où j' file premier...
J'aurais voulu un entraineur,
un vrai de vrai.
Une équipe, des consignes,
ça motiverai...
Mais au départ dès que je signe,
je sais où je vais.
Rejoindre les cris des enfants qui font signe,
tout en criant "toi t'es l'dernier!"
J'ai trop rêvé de la fierté d'mon père sur la ligne d'arrivée.
J'ai trop vu cette image terne de devoir abandonner.
J'ai trop rêvé du bouquet d'fleur, d'une photo sur un journal.
J'ai trop souvent roulé tout seul, la pluie rendant mon visage sale.
J'ai appris ce qu'était la fringale,
quand y'a personne pour le relai.
J'ai pleuré des larmes de haine,
quand le commissaire m'a stoppé,
mais j'ai pleuré des larmes saines,
face au premier qui était dopé.
Le vent siffle dans mon casque,
personne sur les trottoirs.
Le vent chante d'un ton rare,
le chant, le chant de la victoire.
Les enfants sont partis tôt,
et plus personne n'applaudi.
Je roule seul le vent dans l'dos,
comme la main d'un ami.
Le dossar numéro 0,
en attendant d'avoir grandi.
Et dans la tête un p'tit vélo,
s'il tourne pas rond alors tanpis.
[moi]